Inclusion, de quoi parle-t-on ?

L’inclusion est-il un terme condamné à être galvaudé par l’entreprise ? Usé avant même d’avoir servi, porté non par un réel projet d’entreprise impulsé à chaque étage de l’organisation mais davantage par les équipes de communication ? Parce qu’être une entreprise inclusive, c’est vendeur ? Parce que la solidarité est un vecteur de communication et qu’elle est aussi un puissant levier de recrutement et d’implication des collaborateurs…

Certes, elle représente un atout considérable pour répondre à cet enjeu « donner du sens » en entreprise. Mais l’inclusion est à double tranchant. Portée par des équipes investies avec humilité dans toute sa complexité, elle est sans aucun doute le plus beau challenge qu’une organisation puisse relever. Utilisée à des seules fins d’image commerciale ou pour défendre une marque employeur, elle devient alors une insulte aux personnes en fragilité, notamment celles ayant des particularités autistiques, alors instrumentalisées pour vendre. Il est primordial d’être vigilant pour ne pas tomber dans cet écueil.

Une démarche inclusive ne peut pas simplement se décréter ni se revendiquer. Elle ne peut pas se résumer à une proclamation et encore moins à de bonnes intentions. Même si elles sont indispensables, il est plus que nécessaire de s’appuyer sur un savoir-faire solide et une expérience sérieuse. En effet, ce n’est pas parce qu’on souhaite faire le bien qu’on le fait forcément bien et les parcours sont tous jonchés d’embuches et de pièges. Des initiatives peu travaillées et peu muries aboutissent souvent à l’exact contraire du but recherché et se soldent par des échecs catastrophiques plus douloureux encore que la cause initiale. Retenons aussi que les situations de maltraitance sont trop souvent le fait d’un déficit de compétence et rarement d’un manque de bienveillance exprès. C’est bien pour cette raison qu’elle engendre un malaise que l’on voit rarement venir et qui est très difficile voire impossible à surmonter pour une organisation : « Nous voulions tellement bien faire ! ». D’ailleurs, la malveillance est très rare en entreprise. Même dans les pires cas de harcèlement, on s’aperçoit qu’ils sont plus souvent le fait d’une accumulation d’incompréhensions et d’impossibles, que d’une volonté délibérée de nuire. 

Chez DOO conseil, pour l’éprouver depuis de nombreuses années, nous savons à quel point une démarche inclusive est un réel engagement, difficile car un échec est catastrophique sur le plan humain et une réussite un équilibre fragile. En tout état de cause, c’est une attention quotidienne qui ne peut se satisfaire d’une simple punch line « remettons l’humain au cœur de l’entreprise ».

Être inclusif, c’est avant tout accueillir et respecter. C’est être attentif à la personne, s’adapter à elle discrètement, de manière fine et mesurée. Faire en sorte que la personne puisse progresser, idéalement s’épanouir, en dépit de toutes les contraintes qui s’interposent. Respectée, un peu comprise, elle aura à son tour envie de donner le meilleur d’elle-même et pourra même se révéler dans sa manière d’être avec les autres.

S’il n’y a pas de recette miracle, on repère tout de même quelques basiques : une attention portée mais sans excès d’empathie, une distance à appréhender selon les contextes. La démarche exige une souplesse permanente et de la curiosité, du bon sens notamment lorsque l’on est tenté d’appliquer une méthode. Bref, rester sur le fil, vigilant mais en apparence un peu détaché, exclusif sans être intrusif, ni directif ni relâché et verser davantage dans l’attention aux signes qui nous sont envoyés. Utiliser le questionnement plutôt que le péremptoire, « Et si l’on procédait de cette manière, qu’en penses-tu ?». Faire confiance, suggérer.

Il n’empêche que l’effort en vaut la peine car oui la démarche sincère est un ciment inébranlable dans les collectifs, une vision de l’entreprise qui transcende la seule raison du chiffre d’affaires, une aventure qui conduit nécessairement vers l’agilité car ce sont les mêmes ressorts qui sont actionnés et enfin c’est la dernière brique qui manquait pour que l’innovation atteigne le génie.